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 La légende de la ville d'Is

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Boudicca
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MessageSujet: La légende de la ville d'Is   Lun 15 Jan 2007 - 18:27

Je vais vous raconter la fameuse légende de la ville d'Is, qui fait tant penser au récit énigmatique de Platon, celui de l'Atlantide...
L'histoire se passe en Bretagne (la Petite Bretagne, donc en France) au début du Moyen-Age. Le christianisme s'est déjà imposé au monde.
Il y avait dans une ville appelée Is, en Cornouaille, une princesse d'une grande beauté mais d'une grande cruauté (elle tuait ses amants après leurs ébats amoureux et les jetait dans l'océan), Dahut. Son père, le roi Gradlon, était soumis aux volontés de sa fille. Elle demanda au roi d'édifier sur une grève recouverte à marée haute une digue puissante. Les clés d'argent étaient sous la protection de Gradlon qui les gardaient sur lui de jour comme de nuit. Grâce à cette construction, la ville s'était enrichie, mais la population en fut corrompue.
Saint Gwénolé se fâcha de cette corruption, mais ne fut pas écouté.
Lorsqu'un jour un chevalier vint, Dahut fut séduite. Pour qu'elle lui prouve son amour, il lui réclama les clefs d'argent. Elle les subtilisa à son père endormi.
Son amant alla ouvrir, en début de tempête, les portes des écluses, et les eaux envahirent la ville d'Is. Gradlon, réveillé par Gwénolé, récupéra sa fille et tenta d'échapper aux eaux. Le saint lui demanda de jeter sa fille à l'eau pour décharger le cheval qui pourrait aller plus vite, et ils furent sauvés. Sa cité fut cependant engloutie, intacte sous la mer, attendant que quelqu'un prononce les paroles qui la feraient resurgir dans toute sa splandeur. Cette légende a été racontée pour la première fois à l'écrit au dix-neuvième siècle, et transmise à l'oral depuis son origine. Il serait donc possible que cette légende ne soit pas exactement du Moyen-Age, mais peut-être encore plus ancienne. Car comment, au Moyen-Age, était-il possible de bâtir une ville protégée par des écluses qui se ferment à l'aide d'une clé ??? Mais il est possible qu'Is ait vraiment existé. On pense également que cette légende est allégorique : Dahut représenterait le paganisme, saint Gwénolé le convertisseur, et le roi, celui qui abandonne le paganisme pour le christianisme. Le conte marquerait donc le passage du paganisme celte au christianisme celtique (car les druides se sont convertis au christianisme, sans pour autant que la religion ne les empêche de diffuser leur savoir et de pratiquer leurs sciences telles que l'herboristerie, la divination, la médecine, ...). Et que Is représenterait la religion celte, engloutie, Dahut étant sa dernière représentante, ... Ils notent également que, comme plus haut, l'implantation du christianisme ne donna pas lieu à des conflits. Il y eut une fusion. La classe des druides se rallia au christianisme et une partie de ses membres, ordonnée à la prêtrise, dournit ses cadres au nouveau culte. Les Bretons débarqués en Armorique amenèrent leur Eglise mêlée de culte chrétien et de culte druidique. Il est précisé que l'Eglise bretonne adhéra à l'Eglise romaine au neuvième siècle.
En tout cas, Dahut m'a déjà convaincue, c'est donc qu'Is pourrait m'apparaître (ohooo quelle prétention !!!). Trêve de vantardises, la parole est à vous !
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Awen
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Mar 16 Jan 2007 - 15:16

La légende de la cité d'Ys, est une légende difficile d'interprétation... Elle a en effet été remaniée de nombreuses fois par le christianisme, oeuvre des hagiographes, qui tentèrent de se l'approprier afin de montrer leur souveraineté sur le paganisme (comme ils n'ont fait pour beaucoup de chose...).

D'ailleurs je la connais sous plusieurs autres versions...

Sinon, je pense que le fait de la réprésenter comme le passage du païen au chrétien, est une bonne idée qui a déjà fait son chemin. En effet c'est au Ve siècle que la légende parle de l'engloutissement de cette cité. Hors, c'est aussi l'époque de la chutte de Rome et de l'empire Romain. Epoque confuse, qui laisse place au Christianisme et aux Francs(en gros, très très gros résumé raccourcis... ^^). Il serait donc légitime de voir ici une allégorie de ce passage . La cité d'Ys, empire Païen, gouverné par un Roi Guerrier, mais qui pour les chrétiens, en l'occurence représentés ici par Saint Gwénolé, abbé de Landevenec, et Saint Corentin, premier évêque de Quimper n'est que lieu de péchés qui souillent Dieu et qu'il faut éradiquer pour laisser place à un empire christianisé.

Mais d'autres hypothèses ont aussi été émises. La légende de la cité d'Ys devait être certainement une légende celte avant d'être remaniée. Certain y voit une survivance du mythe celtique de la femme de l'autre monde (elle est aussi appelée "Morgane" ), une version de la banshee iralandaise (dont on raconte qu'elle serait issu d'une déesse celte, Bandish, "la messagère de l'autre monde " le Sidh ), annonciatrice de mort, dont nombre de ses amants en on fait l'essais...

Certains aussi pense que la cité à réelement existé, et cela ne m'étonnerai pas. Qu'y a t-il de si étrange à avoir vécu un raz-de-marée au Ve siècle ? La côte Armoricaine n'est-elle pas connue pour lentement s'enfoncer sous les eaux ? Cela rendrait l'hyppothèse plus que plausible. Et de nombreux vestiges furent trouvés apportant la preuve qu'il existait bien quelque chose sous le niveau de la mer : lors des grandes marées, la baie de Douarnenez (une des supositions de l'ancien lieu où se trouvait la cité ) à parfois livrée des vestiges de construction en pierre ; ainsi que des restes gallo-romain d'établissement sur les hauteurs avec des chemins/voies qui convergent vers la baie de Douarnenez et s'enfoncent sous la mer. Il y a aussi une autre ville qui dispute l'emplacement de la cité, Lexovie dont César et d'autres auteurs nous parle . Mais je n'ai pas trop le temps de m'étendre là dessus...

Enfin voilà quelques petites réactions ! Et au fait, bienvenue à toi sur ce forum Boudicca!
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Mar 16 Jan 2007 - 15:28

C'est vrai que j'ai déjà entendu des versions différentes à propos de cete fameuse légende...

Et oui bienvenue à toi Boudicca... d'ailleurs ça serait pas une bonne idée de mettre une rubrique présentation... non ? Histoire de se "connaitre" un peu plus entre Celtes.
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Mar 16 Jan 2007 - 15:36

hummm... oui ca pourrait être une bonne idée, pour se détendre un peu. Je vais ajouter cela d'ici peu dans la rubrique "au coin du feu"... Wink
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Mer 17 Jan 2007 - 17:00

chouette... santa
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Boudicca
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Ven 19 Jan 2007 - 16:05

Merci pour vos bienvenutages (héhé je suis adepte des néologismes !!!) !
On appelait la triple déesse sous différents noms en fonction de la géographie : en Hibernie (la future Eire...), on l'appelait Morrigan, Macha et Badb, en Bretagne (Britannia romaine), Brigantia, Nemain et l'autre nom m'échappe, et en Gaule... peut-être Bormana (signifie la bouillante), Epona (la déesse assimilée à Athéna et à Héra) et... ooooh, qui d'autre ???

Mais quelle légende... en un sens ça fait rêver, et dans un autre, elle révolte car le sacrifice de Gradlon était injustifié : quand on aime sa fille, fut-elle aux moeurs dépravées et prétendument traîtresse - car c'est le chevalier le fautif dans cette histoire... - on préserve sa vie, devant un adepte d'une religion à laquelle on n'adhère pas, qui plus est. Un païen obéir à un chrétien... on aura tout vu...

En tout cas, je suis, moi aussi, pour cette nouvelle rubrique !!
Vie, force, santé au forum de Keltia ! (certes, cette "formule" était utilisée par les égyptiens, mais entre peuples aux origines antiques, on peut se permettre quelques emprunts par-ci par-là Very Happy )
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Sam 20 Jan 2007 - 20:25

Gradlhon a fait certes un sacrifice injustifié en poussant sa fille du destrier qui l'emmené lui et St Gwénael en dehors de la cité en perdition... Mais, attention, a ne pas lui jeter trop rapidement la première pierre... Car d'en une autre version, ce n'est pas le Roi, mais bien St Gwénael qui poussa la princesse. Gradlon voulant garder sa fille à ses côtés....

Ahh quelle version est la vrai ? Si un jour on invente la machine à remonter dans le temps... Je crois savoir quoi en faire.... Laughing
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Jeu 25 Jan 2007 - 13:13

Ys et l’Atlantide ? Le Royaume perdu de Mū ? Il y a aussi une légende équivalente en Ulster, liée au gigantesque Lough Neagh, à quelques miles de Belfast, creusé par la main puissante de Fionn macCumhaill. Des auteurs (farfelus ?) récents font même de l’Irlande l’inspiration de Platon, voyant dans Tara ou Brúgh na Boine (Newgrange) les temples décrits pas l’auteur...
Mais surtout il faudrait peut-être plutôt y voir une version christianisée et continentalisée de la légende irlandaise de Hí-Breasil : c’était, en un temps immémorial, la Cinquième Province, une grande presqu’île à l’ouest de l’Irlande, citée même sur les cartes à partir du Moyen-Age. C’était une terre d’abondance au climat clément, où l’on ne manquait de rien, où Hommes et dieux marchaient côte à côte ; ses palais étaient d’or et de cristal. Mais elle fut balayée par Mananaan macLir lors d’un terrible cataclysme pour une raison mystérieuse qui change selon les versions. De Hí-Breasil il ne reste de nos jours que quelques rochers, les Iles d’Aran, peuplées des derniers descendants des Fir Bholg, et la cassure nette des falaises de Moher où se trouvait l’isthme.
La légende est reprise dans le Lebor Gabála Érenn, le Livre des Conquêtes, et il existe des arguments à l’appui de cette théorie :
- la présence d’une terre à l’ouest est géologiquement possible, et ses côtes baignées par le gulf stream pouvaient lui faire bénéficer d’un climat doux qui lui donnait une agriculture riche et faisait d’elle ‘a land of plenty’.
- pourquoi tant de forteresses (le ‘dún’, fort circulaire de pierres sèches, dont Dún Aonghusa reste l’exemple le plus spectaculaire, demi-cercle, puisque l’autre moitié est peut-être tombée avec le reste de la falaise) s’il n’y avait là que quatre îles arides, sans arbres, sans eau, sans rien pour intéresser un quelconque agresseur ? Par contre, si cet endroit était l’entrée vers une terre riche, on comprend que l’on ait voulu construire un réseau de fortifications défendable par une force réduite et qui, étrangement, permet de laisser entrer une armée mais la prend en tenaille et lui rend tout repli impossible. Toutefois, il se peut que certains forts, construits à des époques différentes, n’aient été que des endroits cultuels. A défaut de découvertes marquantes, on peut rêver...
- les légendes ont toujours parlé de cinq provinces en Irlande, or aujourd’hui il n’y en a que quatre, Munster, Connacht, Leinster et Ulster. Selon certains historiens, Temhair (Tara) aurait été une province en elle-même, comme Washington DC qui est un état en plus d’être une ville afin qu’aucun autre état ne la revendique. Mais pour d’autres, Temhair n’aurait jamais constitué une province autonome, et il faudrait donc chercher cette cinquième partie ailleurs... donc à l’ouest, au couchant, dernière étape vers Tír na n-Óg, la terre de l’éternelle jeunesse et des morts heureux, formant ainsi un lieu de passage vers le monde des morts qui n’est pas sans rappeler l’origine du Mont Saint Michel, ancien Mont Tombelaine (Tumulus Beleni, de Belenos, dont Michel est à peu près l’équivalent dans le panthéon chrétien).
Et pour ceux qui ne sont pas convaincus, allez donc, comme je l’ai fait, vous pencher au bord de la falaise de Dún Aonghusa, par la nuit de Samhain, à minuit, et observez les brumes. Peut-être que, à la différence de moi, vous pourrez voir les domes dorés de Hí-Breasil et entendre les chants et les musiques de cet autre monde... Et même si vous ne voyez rien, cet ultime refuge du celtisme vaut largement le détour.
Pour ce qui est des déesses, il est difficile d’être si précis, les celtes étant par nature avares de confidences (le mot Ceilteach, en Irlandais, veut encore dire à la fois ‘celte’ et ‘caché, dissimulé’) et ne laissaient pas leurs dieux porter des étiquettes comme les grecs ou les romains. Ainsi, la Brigantia gauloise est connue en Éire sous le nom de Brighidh, devenue Sainte Brigid, sainte patronne avec Pádraig et Columcille de l’Irlande. Mais parfois, elle se rapproche de Anu (Ana, Dana, Danu, celle des Tuatha Dé, devenue sainte Anne) ; et parfois non. Quand à la Grande Corneille, déesse de la mort et de la guerre, épouse de Nét, elle est en effet triple, mais certaines versions l’appellent la Badhbh (pron. Baïv, ‘carrion crow’), divisée en Mórrigháin (grande reine des morts), Macha (la jument, qu’on retrouverait dans l’anglais ‘nightmare’, cauchemar ?) et la vierge Nemhain, mais d’autres fois elle est connue comme la Mórrigháin, divisée en Badhbh, Macha et Nemhain... Bref, pas facile de s’y retrouver, surtout qu’elles changent de forme, tantôt jolies pucelles, ou harpies proches des sorcières de Macbeth (autre héros celte historique dont on pourrait parler à la suite de Vercingetorix ou Vindex), ou même en farcouches guerrières rappelant les Walkyries. Peu importe, de toutes façons on peut imaginer que l’on ne connait aucun des noms réels (et secrets) des dieux, et que seuls subsistent leurs surnoms, souvent locaux. Alors tel ou tel dieu peut ici se rapprocher de X, et là de Y. Un dieu peut avoir plusieurs nom comme un nom peut être l’épithète de plusieurs dieux... Bon courage pour les correspondances !
Cearnún Mór
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Ven 26 Jan 2007 - 13:02

Alors là... j'en reste coite... Ovation, s'il vous plaît...
Tant de connaissances... Tant de poésie... Tant de spiritualité... Les mots manquent. Tu ferai - si ce n'est pas déjà le cas - un excellent professeur d'archéologie... Mais où trouver toutes ces informations, car le peu de documents que je possède se ressemblent tous plus ou moins...
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Cintugnatos
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MessageSujet: Re: La légende de la ville d'Is   Sam 24 Mar 2007 - 15:05

Salut à tous !

Je profite de la journée portes ouvertes de mon établissement pour vous envoyer ceci :


A propos de la ville d’Is, voilà en résumé ce que j’en sais (je m’y intéresse depuis tout petit, depuis que son histoire m’avait été racontée à maintes reprises par mes parents).

Concernant le sens de Ker Is, il y a plusieurs interprétations. Les seules qui me paraissent intéressantes parmi celles que je connais sont les suivantes :

- Ker Is, contraction de Ker Izel/Isel « Ville basse » : cette explication se passe de commentaire. On peut toutefois préciser que de nombreux vestiges d’époques antérieures (de la Préhistoire à l’époque gallo-romaine) se retrouve aujourd’hui sous les eaux de la côte du fait de 2 phénomènes : 1. la montée des eaux de l’océan consécutive de la fin de la dernière grande glaciation (cette explication est plutôt valable pour les sites submergés préhistoriques : la montée des eaux fut de 100 à 120 m, je crois me souvenir, ce qui noya par exemple toutes les terres maintenant sous la Manche et la Mer du Nord) ; 2. L’enfoncement progressif du Massif armoricain qui fait que des établissements gallo-romains se retrouvent aujourd’hui sous les plages voire sous les eaux.

- Ker Isis « Ville d’Isis » : qu’un culte oriental se soit implanté en Armorique à l’époque romaine est parfaitement explicable par la présence de légionnaires venus de tout l’empire. (voir à ce propos la fameuse statue frustre de déesse égyptienne de Baud, près de Vannes (Morbihan), surnommée « Vénus de Quinipily »). Ker Is(is) aurait donc été le siège d’un culte oriental païen.

- si le toponyme est pré-breton, « Keris » peut aussi être la simple translation phonétique d’un terme armoricain ou gallo-romain. Par exemple, La capitale des Coriosolites, aujourd’hui Corseul, avait été traduite par Kersol par les Bretons. Keris peut-il donc provenir d’une racine « caris- » comme dans Carisopitum, ancien nom de Quimper ?

L’existence d’une cité armoricaine d’époque gallo-romaine (voire plus ancienne ?) qui, progressivement assaillie par les eaux, aurait construit une digue comme aux Pays-Bas n’est peut-être pas à exclure (se pose effectivement alors le problème des fameuses écluses qui selon moi, à condition qu’elles aient bien existé, n’étaient pas des écluses mais les portes d’accès de la voie romaine à marée basse ; bon, il ne faut sans doute pas prendre ce détail pour argent comptant : n’oublions pas, jusqu’à preuve du contraire, qu’il s’agit d’une légende, sans doute inspiré d’un fait, voire de faits, réel(s) mais qui a très bien pu avoir lieu ailleurs, en Grande-Bretagne, la légende ayant été ensuite importée par les Bretons).

Toutefois, pour étayer l’existence d’un établissement humain là où il n’y a aujourd’hui que sable, vase et eaux profondes, on peut dire que des vestiges de substructions (des murs en l'occurrence) ont été vus depuis des siècles sous les grèves lors des grandes marées à proximité de Douarnenez et de Sainte-Anne la Palud. De toute manière, la côte armoricaine, et celle de Douarnenez en particulier, est jonchée d’anciens établissements gallo-romains (villae, ateliers de fabrication de garum, ateliers de production de sel, thermes, ….), notamment à côté et sous la plage du Ris (« Ris » comme Ker Is ?)

La toponymie pourrait aussi nous donner quelques indications. Ainsi, Douarnenez, pourrait venir de « Douar nevez », Terre nouvelle, et pourrait indiquer que la population s’est déplacée. D’un autre côté, il peut aussi s’agir des Bretons ayant quitté la Grande-Bretagne et ayant trouvé leur « Terre neuve » en ces lieux. L’explication est donc ici problématique d’autant que d’autres sens ont été donnés : Douarnenez pourrait venir de « Tutuarn Enez », l’Ile de Tutuarn, Tutuarn étant un ermite du 5e siècle qui s’était installé sur une île Tristan, à proximité.
Autre toponyme intéressant : Sainte-Anne la Palud, « palud » désignant des terres basses marécageuses.

bon, j'espère que ce résumé permettra d'apporter quelque lumière sur ce qui n'est peut-être pas qu'une légende ...


Pour ceux qui s’intéressent au problème, lisez toujours pour commencer l’article « Douarnenez » dans Gwenc’hlan Le Scouëzec, Le guide de la Bretagne mystérieuse, Coop Breizh (rééd. 2002), article qui m’a beaucoup servi pour construire ce que j’ai écrit ci-dessus.
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