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 L'histoire légendaire du peuplement de l'Irlande : Le Livre des Conquêtes

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AuteurMessage
Catusagios
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Date d'inscription : 13/05/2008

MessageSujet: L'histoire légendaire du peuplement de l'Irlande : Le Livre des Conquêtes   Lun 8 Sep 2014 - 7:09

L'histoire légendaire du peuplement de l'Irlande : Le Livre des Conquêtes



Les mythes sont des mensonges qui nous parlent de vérité. Cette affirmation pourrait être la maxime de cette rubrique. Elle est souvent vraie mais jamais peut être autant que pour le Livre des Conquêtes. C’est, avant l’histoire, l’histoire légendaire du peuplement de l’Irlande, des guerres entre les peuples, dont certains divins. Derrière la mythologie celtique, il y a une tradition qui a perduré de générations en générations, transmise oralement avant d’avoir été recopiée dans de nombreux manuscrits.


Cet ouvrage, véritable cosmogonie irlandaise, décrit l’invasion de l'île par six peuples mythiques héroïques pré-humains, avant l’arrivée et le règne terrestre des Gaëls, premiers habitants connus de l’Irlande. Après avoir été transmis exclusivement oralement jusqu’à la fin du VIIIe siècle, ce mythe fondateur de l'Irlande celtique fut ensuite copié, développé et remanié par les clercs pour qu’il soit plus conforme à l’enseignement de l’Église et la culture de l’époque. La première version écrite du Lebor Gabála Érenn, le Livre des Conquêtes en gaëlique, presque une ébauche, date du VIIIe siècle ou du début du IXe siècle. Il existe cinq versions de ce mythe réparties dans 18 manuscrits rédigés entre le XIIe et le XVIIIe siècle.

Une histoire mythique

Voici donc l’histoire de ces six peuples mythiques racontée par le Livre des Conquêtes : le peuple de Cesair, les Fomoires, les Partholoniens, les Némédiens, les Fir Bolg et les Milésiens. Cesair est la fille de Bith, elle est la première femme à vivre en Irlande, cinquante jours avant le Déluge qui va anéantir tout son peuple, sauf un homme : Fintan. Les clercs qui ont retranscrit cette légende de l’Irlande celtique l’ont fortement christianisée puisque Cesair (ou Cessair) s’inscrit dans une « généalogie biblique » : elle est la fille de Birren et Bith, un fils de Noé. Quand Bith se voit refuser une place dans l’Arche de Noé, Cesair prend le commandement d’une troupe de cinquante femmes, accompagnées de trois hommes : Bith, Fintan et Ladra. Ils embarquent pour une navigation de sept ans qui va les mener en Irlande. Après le Déluge, Fintan devient un saumon, puis un aigle, puis un faucon et vit 5500 ans avant de redevenir un homme et raconter son histoire. Les Fomoires, parfois appelés Géants de la Mer, débarquent sur l'île après le Déluge. Ils sont nombreux, décrits comme affreux, inhumains, démoniaques, et dotés de pouvoirs magiques. Ils combattent tous les occupants successifs, sauf les Fir Bolg et représentent le chaos et le désordre perpétuel.

Les Partholoniens, du nom de leur chef Partholon, arrivent 278 ans après le Déluge. Ils viennent 2520 ans après Adam, c'est sous leur règne, qui va durer 5000 ans, qu'apparaissent le druidisme, l'agriculture, l'élevage, la métallurgie. Une épidémie va les décimer le jour de Beltaine (1er mai). Il n'en réchappe que Tuan Mac Cairill, dont le récit, qui constitue une légende distincte, retrace à son tour l'histoire des invasions. Les Némédiens sont conduits par Nemed, dont le nom signifie sacré. Après une période de paix, ils doivent résister aux Fomoires qui tentent de reconquérir l'île et parviennent à s'y implanter. Les Némédiens leur payent un tribut chaque année. Après une dernière révolte, ils fuient. Les Fir Bolg succèdent aux Némédiens ; le nom Bolg aurait un rapport avec la foudre mais certains font un rapprochement avec le peuple gaulois des Belges. Ils entrent en guerre avec de nouveaux arrivants, les Tuatha Dé Danann et sont vaincus lors de la Première Bataille de Mag Tuireadh  (Troisième conquête). Les Milésiens, qu'on appelle aussi les fils de Mile (du latin miles : soldat) sont originaires d’Espagne, ce sont des humains. Ils arrivent le jour de la fête de Beltaine. Leur chef est Amorgen Glungel. Après avoir évincé les Tuatha Dé Danann, ils prennent possession de l'île, ce sont les premiers vrais habitants de l’Irlande que l’on nomme aussi les Gaëls.

La tribu de Dana

Dans le Livre des Conquêtes, les Tuatha Dé Danann (Tribu des Dieux des Arts ou Tribu de la Déesse Dana) sont les dieux de l'Irlande, avec des équivalences dans tout le monde celtique, que l’on retrouve dans nombre de récits. La Seconde Bataille de Mag Tuireadh les met aux prises avec les Fomoires qu'ils mettent en déroute. Mais face aux Milésiens, ils doivent se replier dans le Sidh, le monde du dessous. Dans la mythologie celtique irlandaise, les Tuatha Dé Danann (« Tuatha » de même origine que « Teuton », signifiant ainsi « gens de la déesse Dana » ou « tribus de la déesse Dana ») sont donc des dieux qui viennent de quatre îles du nord du monde : Falias, Gorias, Findias et Murias ; de ces villes mythiques ils apportent cinq talismans : la lance de Lug, l’épée de Nuada, le chaudron et la massue de Dagda et la pierre de Fal. Les Tuatha Dé Danann se retrouvent sous des formes différentes et généralement d'autres noms, dans tout le monde celtique. Ce sont des dieux, des déesses, des héros, des magiciennes. Ils maîtrisent le druidisme, le Savoir et les Arts. Manannan Mac Lir leur fournit des cochons magiques qui confèrent l’immortalité. Leurs trois druides primordiaux sont Eoloas (Connaissance), Fiss (Savoir) et Fochmarc (Recherche).

Les dieux s’effacent donc dans cette histoire devant les humains, puisque les fils de Mile (les Gaëls) les repoussent. On dénombre aujourd’hui en tout cinq versions de ce mythe, réparties dans 18 manuscrits : plusieurs d’entre eux sont conservés à la Royal Irish Academy. On connaît aussi le Livre de Ballymote rédigé au XIVe siècle, le Livre de Fermoy de la deuxième moitié du XIVe siècle, le Livre de Leinster rédigé vers 1150, le Livre de Lecan rédigé vers 1417-1418. Pourtant, certains manuscrits seraient perdus, près d’une dizaine. Le lecteur intéressé se reportera plutôt sur la version la plus actuelle qui fait référence, celle de Jim Fitzpatrick. Né dans le comté de Clare, Jim Fitzpatrick fut bercé par les récits de la tradition celtique dès son plus jeune âge. Ainsi entendit-il parler pour la première fois du peuple fée, le peuple Shi que l'on appelle plus souvent Tuatha Dé Danann. Jim Fitzpatrick, talentueux auteur et illustrateur, a su redonner leurs lettres de noblesse à ces récits mythiques directement issus de la tradition orale irlandaise pour, grâce à son art, conserver leur intégrité et les rendre accessibles à la majorité. Le courage et la fierté celtes hantent les pages de ses ouvrages avec la force et la beauté des anciens héros sur les champs de bataille d'Erin. Une façon agréable de se plonger dans cette épopée légendaire du peuplement de l’Irlande, au cœur de sa magnifique mythologie celte et d’une histoire dans laquelle les envahisseurs se succèdent, se détruisent et s’unissent pour créer une identité et une culture qui reste aujourd’hui encore fière de ses racines et de sa longue mémoire.

Une écriture énigmatique

Parmi tous ces manuscrits, l’un d’eux, troisième version connue du texte, est d’une grande importance. Il s’agit du Livre de Ballymote, rédigé au XIVe siècle. Malgré sa date de rédaction tardive, il est une source importante pour connaître l’histoire de l’Irlande puisqu’il reproduit l’Auraicept na n-Éces (Le Manuel des Savants), qui est un traité de grammaire datant du VIIe siècle, écrit par quatre grammairiens dont un seul aurait réellement existé. Le texte est un manuel à l’usage de ceux qui veulent lire et écrire la langue irlandaise et l’ogam. Cette écriture est la plus ancienne connue chez les Celtes. C’est une écriture alphabétique composée de 20 lettres, en usage dans les îles britanniques, qui a été créée entre le IIIe et le Ve siècle. On la retrouve principalement sur des pierres. Chaque lettre est notée par un certain nombre d’encoches (de une à cinq) sur l’arête d’une pierre, l’encoche ayant quatre formes possibles : trait perpendiculaire à gauche de l’arête, trait perpendiculaire à droite, trait oblique transversal ou encoche réduite à l’arête.

En dehors des inscriptions lapidaires, l’ogam a aussi été employé sur des bijoux et autres objets. On le retrouve aussi souvent dans les marges des manuscrits à partir du IXe siècle. Les scribes irlandais inscrivaient souvent leur nom, une date, ou faisaient figurer des remarques malicieuses ou déplacées. Ils écrivent alors l’ogam sous forme de traits répartis de part et d’autre d’une ligne droite qui représente l’arête d’une pierre. L’origine de l’ogam est encore très débattue. Les traditions littéraires montrent des usages magiques et apotropaïques, c'est-à-dire protecteurs. La plupart des spécialistes pensent que l’ogam provient d’une déformation de l’alphabet latin. Certains penchent plutôt pour une copie des runes scandinaves, ce qui expliquerait la présence des lettres H et Z, inusitées dans la langue irlandaise. La balance entre les deux se fait à partir des dates : au IVe siècle, le latin est assez répandu en Irlande alors que les runes sont encore marginales, même en Europe continentale. Toutefois, l’origine de l’ogam serait plus ancienne que ce qui a été envisagé. La correspondance entre chaque lettre et l’un des végétaux fondamentaux de la mythologie irlandaise indique une origine clairement préchrétienne. La lettre b désigne le bouleau, le l désigne le sorbier, le d le chêne, le q le pommier, le u la bruyère… Ces références au bois semblent aussi montrer qu’avant de figurer sur des pierres, l’ogam était utilisé sur des tablettes en bois. Il est sans doute issu d’une transposition du latin. La technique employée (traits et points) s’inspire des encoches ou entailles utilisées dans la comptabilité rustique. L’alphabet ogamique n’est sans doute que l’une des formes de ces alphabets chiffrés. D’autres sont connus partiellement comme l’alphabet de Nennius, un compilateur et grammairien mentionné dans un manuscrit du IXe siècle qui s’est inspiré des runes scandinaves pour en faire une variation.

Plus qu’une cosmogonie, plus qu’un mythe, le Livre des Conquêtes, dans sa version présentée dans le Livre de Ballymote est un témoignage sur la langue et l’écriture de l’Irlande celtique. Une écriture qui n’est plus mais une culture qui est toujours aussi vivante dans les vertes contrées irlandaises.

Patrice Zehr

Illustration en tête d'article : Couverture du Livre des Conquêtes, illustré par Jim Fitzpatrick en 1978 ©DR

Publié dans  la revue PLUME
Source : http://www.metamag.fr/metamag-2219-L-histoire-legendaire-du-peuplement-de-l-Irlande.html
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